Convoqué au tribunal pour refus de pesticide !

L’affaire défraie les réseaux sociaux français et même la presse tout court. Le viticulteur bio bourguignon Emmanuel Giboulot a été cité à comparaitre devant le tribunal de grande instance de Dijon pour avoir refusé de traiter durant l’été ses vignes contre la flavescence dorée, une maladie qui s’installe à vie dans la souche et qui entraine donc de lourds dégâts, voire la destruction de certaines parcelles. En juin dernier, un arrêté préfectoral avait en effet imposé le traitement de « l'ensemble des vignobles de la Côte d'Or » au moyen « d'une application unique d'un insecticide » contre la cicadelle, insecte vecteur de cette maladie que certains présentent comme le phylloxéra du XXIe siècle.Considéré comme l’un des précurseurs de la viticulture certifiée biologique, Emmanuel Giboulot entretient ses 10 hectares de vignes de façon naturelle depuis 1985 et est certifié en biodynamie depuis 1996. Il a purement et simplement refusé le traitement qu’il estime sans efficacité. « J'ai considéré, a-t-il déclaré le 26/11, à ‘Bourgogne Aujourd’hui’,  qu'entre le peu de ‘bénéfice’ que pouvait apporter ce traitement et les conséquences sur la faune auxiliaire, il était ridicule de traiter. Même les produits bios ne sont pas sélectifs. Ils sont même neurotoxiques. En Saône et Loire, où les traitements contre la cicadelle vecteur de la maladie sont obligatoires depuis plusieurs années, des collègues sont obligés d'avoir recours aux acaricides alors qu'ils s'en passaient depuis de nombreuses années. (…) Je suis très conscient des dégâts que peut provoquer cette maladie. Ce n'est pas avec des traitements systématiques que l'on parviendra à régler le problème. La seule solution, c'est la prospection et l'arrachage. Beaucoup de cas de flavescence sont à mettre en relation avec le matériel végétal : des pieds sont contaminés chez les pépiniéristes. Il faut régler ce problème à l'origine. » Surtout que la micro-bactérie responsable de la propagation de cette maladie se retrouve également sur d’autres plantes et arbres, telles que les clématites ou les aulnes. Par son refus, Emmanuel Giboulot s’expose à une peine de six mois de prison et une amende de 30.000 euros ! Sa convocation au tribunal était prévue le 12 novembre dernier, mais la séance a été reportée à une date encore indéterminée. A suivre donc. MV (div)